Musée : Les Faïences

 

La période Delannoy

Après la révolution française, à son retour en France, l’ex-seigneur de Ferrière la Petite Charles de Bousies trouva les bâtiments de scierie de marbre détruits. Il s’associa à un riche propriétaire de Damousies, le citoyen Joseph Delannoy pour y fonder en l’an VI du calendrier républicain (1798) la faïencerie de Ferrière la Petite. L’activité sera familiale, succéderont à Joseph Delannoy : fils et petits-fils.

La faïencerie se développe et le faible coût de fabrication des « culs noir » leur permet de concurrencer sérieusement les objets du quotidien en grès salé ou terre cuite vernissée. Ces « culs noir » sont des plats de cuisine. Un ajout de manganèse dans l’émail donne à leur revers cette couleur marron tirant vers le noir. L’utilisation du manganèse n’est pas esthétique, mais économique et utilitaire : il coûte moins cher et résiste mieux à la chaleur. L’intérieur du plat , visible, est recouvert d’un émail stannifère décoré.

 

Les assiettes sont de formes variées et ont un reflet « ivoiré » à cause de la quantité importante de plomb dans l’émail et des décors verts qui on tendance à fuser à la cuisson. Les décors sont monochromes bleus ou polychromes et souvent entourés d’un filet bleu. les 5 couleurs exclusives sont le jaune, le vert olive, le bleu, le manganèse et le rouge rouille ou brun (couleurs de grand feu qui résistent à des températures de cuisson élevées). Les motifs fleuris sont très nombreux : bouquets, fleurettes, brindilles, guirlandes de fleurs ou de lauriers… Ils sont souvent empruntés à d’autres manufactures mais certains comme le « panier fleur » ou le « décor à l’arbuste » sont typiques de Ferrière la Petite. Témoin des méthodes de travail de l’époque, l’assiette d’échantillonnage était au catalogue du représentant de commerce qui proposait au client une fabrication sur mesure du modèle de son choix. Peut-être les décorateurs l’utilisaient elle comme mémento? La production évolua avec des décors d’animaux, comme le loup rappelant les fables de La Fontaine  et des décors paysagers « à la palette ».

 

 

La période Gossuin

En 1838, Amand Gossuin, riche propriétaire du château, attaché à l’activité de son village, rachète la faïencerie et c’est en véritable mécène jusqu’à sa mort qu’il la fera vivre, ainsi que la trentaine d’ouvriers qu’elle emploie.

La pâte, provenant de gisements différents, est plus blanche, l’émail plus fin et les techniques de cuisson permettent d’obtenir des nuances de couleurs plus variées avec notamment l’apparition du rouge violacé qui remplace le rouge brique de la période précédente. Le bleu est très employé. Des filets bleus ou de couleurs encadrent souvent les décors et la forme de assiettées se simplifie. Le « décor au panier », classique est toujours présent et le « décor à la mouche » originaire de Tournai apparaît dans la production durant cette période. Des décors plus stylisés font leur apparition : les motifs sont plus réguliers ou géométriques et on utilise l’éponge ou le pochoir pour décorer. la fleur de fuchsia, la brindille et la mouche sont souvent utilisées.
En 1853-1856, les Français vivaient dans le contexte historique de la guerre de Crimée et la faïence de Ferrière la Petite n’a pas été la seule à traiter ce sujet. On peut supposes que les séries de Ferrière la Petite, figurant des portraits peints à la main, étaient composées de 12 assiettes. Elles mettent autant à l’honneur l’empereur ou le général que le simple soldat.


Sur les salières et moutardiers, les tenues des élégantes et des messieurs illustrent la mode du tout début du XIXème siècle. la robe Empire est une robe-tunique, fluide, longue, à taille haute et au décolleté carré. Le châle porté par les élégantes des moutardiers est inspiré du châle cachemire, rapporté de la campagne d’Egypte par les soldats français en 1798, devenu accessoire indispensable et demeuré à la mode durant la majeure partie de XIXème siècle.
Ferrière la Petite a produit une variété d’objets dédiés à la communication et à l’écriture : encriers, plumiers ou écritoires plus sophistiqués dont les plus beaux comportent un encrier, un compartiment pour les porte-plumes et une saupoudreuse à poudre d’atacamite pour sécher l’encre.

 

En 1865, Isidore Demer de Ferrière la Grande acheta la faïencerie. L’usine tourna au ralenti, les ouvriers ayant trouvé des emplois mieux rémunérés dans les communes voisines avec le développement de l’industrie métallurgique. Six ans plus tard en 1871, la faïencerie ferma définitivement ses portes.

 

Cette présentation n’est qu’un échantillon des faïences, aux nombreux décors que vous découvrirez au Musée.
Y sont aussi exposés des faïences fabriquées localement à Nimy
ville dans laquelle s’étaient installés deux frères de Charles de Bousies
et aussi d’Onnaing en 1821, avec l’installation d’un de ses fils et de deux de ses neveux.
Le Musée y expose aussi temporairement des faïences de collections privées ou d’autres musées.